Lucile Raimbault

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Impermanence et sécurité intérieure

Carnet de voyage itinérant – Europe 2022

« Dans ma maison mobile, porte ouverte sur l’immensité bleue, les doux rayons du soleil couchant gagnent en intensité. Ils m’éblouissent juste pour me rappeler à ce trésor inestimable : être au première loge face à ce spectacle permanent quotidien. Je me délecte de cet instant, cette communion, cette reliance avec ce jour qui bientôt ne sera plus. Pour rien au monde je ne changerais de place ici et maintenant, luxe du nomadisme, immersion dans la nature avec le confort d’un abri. Alors oui parfois cette vie peut entraîner des doutes, de l’inconfort, de la fatigue, …mais quel bonheur d’être immergée du matin au soir dans ce voyage sensoriel. Mon cœur est toujours ouvert, relié aux vibrations du Tout et mes sens constamment en éveil. Parfois bercée par le bruit des vagues, mon regard hypnotisé par les courbes naturelles et puissantes du relief montagneux. Reliée à un savoureux sentiment de liberté , je vis une profonde sécurité intérieure. Le nomadisme attire comme il déroute (sans mauvais jeu de mots). Il attire contrastant avec la routine avec cette reconnexion quasi-permanente au rythme de la Nature, cette soif de liberté circulant dans nos gènes hérités des peuples racines. Il déroute le mental conditionné aux repères temporels et visuels face à un changement perpétuel de lieux, de paysages, de personnes, etc…

Ce sont les entrées corps et cœur qui priment, s’imprégnant avec douceur et acceptation de cette impermanence. L’impermanence signifie que rien ne dure, tout est mouvant même à l’intérieur de nous , au plus profond de nos cellules. Notre mental qui aime bien être aux commandes exige face à un sol mouvant de la construction se rattachant au déjà vu, à ce qui a été , aux chemins connus , sécurité illusoire d’un moi figé ou qui se prive de grandes joies dans la réinvention. Mon expérience d’un an en tant que nomade a nourri (au début inconsciemment) cette sécurité intérieure , cet espace où le mental baisse la garde, il n’a plus le contrôle d’autant plus si l’expérience de l’impermanence est reliée à des petites et grandes joies dans l’inconnu, le renouveau. Alors là tout se transforme, le trio « corps-cœur-mental » s’équilibre. L’instant présent se vit peu à peu intensément conscient qu’il n’est déjà plus et heureux d’accueillir l’instant d’après sans peur. C’est comprendre que son futur est partout, palpable, dans une infinité de possibles reliés au lâcher-prise sur le présent. C’est être dans une infinie gratitude de vivre cette connexion au dehors et au dedans , guidée et confiante sans peur du lendemain et sans contrôle. C’est respirer et continuer d’avancer sans vouloir tout comprendre , tout anticiper, tout planifier. C’est être à l’écoute, une écoute fine de nos ressentis, de la transformation de nos cellules et goûter la saveur d’être tout simplement soi ici et maintenant et c’est déjà énorme. C’est être ouverte à la vie qui nous invite à nous installer confortablement à notre place et quel bonheur ! Oui l’impermanence c’est ce lâcher-prise qui nous amène à aller chercher la sécurité au plus profond de nous. Une fois que cette sécurité se vit, c’est un sentiment profond de liberté qui nous anime avec de nouveaux points d’ancrage reliés au cœur de son cœur, la boussole intérieure. Ici je témoigne de cette impermanence accentuée par la vie en itinérance mais cette impermanence c’est l’histoire de la vie qui évolue, bouge, se transforme. La question est comment la vivons-nous?  Sommes-nous acteurs ou spectateurs? Dans l’accueil ou dans le contrôle?

Et vous, comment vivez-vous l’impermanence ? »

 

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